«Non. Je ne manque nulle part, je ne laisse pas de vide.
Les métros sont bondés, les restaurants complets, les têtes
bourrées à craquer de petits soucis. J'ai glissé hors du monde
et il est resté plein comme un ½uf. Il faut croire que je n'étais pas
indispensable. A quelque chose ou à quelqu'un. A propos, je t'aimais.
Je te le dis à présent parce que ça n'a plus d'importance.»
Jean-Paul Sartre
C'est difficile d'ouvrir son coeur après une déception. Pourtant, c'est la que la vraie vie commence, paraît-il.Oui, mais comment faire? Comment faire quand, la peur de souffrir à nouveau au ventre, on n'ose pas?
J'ai tant souffert à cause de lui, je me suis battue si longtemps contre son absence que j'ai peur de me lancer à nouveau. Peur de me casser la gueule.
«J'ai vu tellement de voyages finir par faire naufrage alors qu'ils commençaient.»
J'ai peur parce qu'au-delà de la peur que peut engendrer une déclaration sans retour et un premier pas raté, depuis neuf années j'ai idéalisé et j'ai développé des sentiments pour quelqu'un, et je sais bien que s'il me rejette, ce sera très difficile à surmonter. Parce que ce sera la souffrance à nouveau, et la solitude toujours.
«En vouloir à la terre entière, et vouloir malgré tout rester debout.»
Parce que le vide ne sera pas comblé. Parce que j'aurais passé énormément de temps à me faire des illusions. Parce que j'aurais perdu mon temps. Parce qu'au fond, ce sera comme si je m'étais trompée sur son compte, comme si j'avais cru connaître quelqu'un que je ne connaissais pas.Il serait mon échec. Et je veux connaître ce bonheur à nouveau. C'est une obsession, c'est presque vital. J'en ai besoin pour retrouver confiance. Pour me sentir pleine, entière, exister. Je l'ai dans la peau à un point presque inimaginable, pire encore je crois que ce que j'ai connu avant. Que faire? Est-ce raisonnable de vouloir tant?...
«Si certains moments ont un goût d'éternité,
c'est bien parce que d'autres ont été balayés par les larmes.
Parce qu'il faut un jour connaître l'indifférence et la chute
pour apprécier un sourire.»